En train pour Chiang Mai (novembre 2006)

C’est entre rêve et réalité que j’ai retrouvé Bangkok. Comme si je n’étais parti que la veille. De manière automatique et instantanée, mes habitudes reprennent.

Un nouveau voyage en Asie, une nouvelle histoire commence, mais je n’ai pas trop de souvenir des premiers jours passés à Bangkok.

En train pour Chiang Mai (le 3 novembre 2006).

Départ 8:30, durée approximative du trajet : 12h

Khun Tan railway station, 20/06/2014
(photo : Gare de KhunTan, 20/06/2014)

La veille au soir, d’abord le stress, me répétant le mauvais mantra « je ne vais jamais réussir à m’endormir », puis la panique « si je m’endors, je ne me réveillerai pas à temps».

Mais quelle drôle d’idée ! Je fais dix heures d’avion entre Francfort et Bangkok, pour me retrouver dans un train qui relie Bangkok à Chiang Mai en plus de temps.

Puis des rêves semi-éveillés : j’étais à la gare déserte, il était question de train annulé et d’un voyage en avion qui ne dure qu’une heure. Puis enfin je me suis calmé, un plongeon dans le sommeil profond au moment où le réveil s’est mit à hurler.

Bien réveillé et attentif, je suis arrivé à l’heure sur le quai. Le train est annoncé avec un départ tardif. C’est ce que j’ai compris (ou cru comprendre) en tendant l’oreille vers un haut-parleur.

Je me suis assis et ai observé la foule. Un amas de touristes, des sacs à dos empilés sur le sol. Certains nouant des contacts entre eux, échangeant des histoires banales. D’autres remuant de tout leur possible leur matériel électronique, caméras et appareils photo (quand un touriste s’ennuie, il fait des photos, de tout et n’importe quoi) (j’en suis un exemple). Le groupe de photographes bousculait des passagers pour faire une bonne prise d’un train sur le départ.

Je suis toujours impressionné par les bagages qu’emportent les Thaïs qui voyagent. Une femme, en plus d’un sac en toile coloré, transportait un jeune bananier. Peut-être allait-elle rendre visite à une amie ? Je vous ai apporté un bananier, parce que les fleurs, c’est périssable…

Je n’ai pas regretté les six premières heures de voyage. Un jeune Thaï était assis à côté de moi. On s’observait mutuellement, se regardant sans se regarder. Il a sorti son billet, j’ai sorti le miens. J’ai louché, j’ai lu sa destination : « Nakon Sawan ». Il a louché sur mon billet et a lu à haute voix « Chiang Mai ». Il a comparé le prix pour nos deux destinations. J’ai comparé les date d’achat des billets : il avait acheté le siens un jour avant moi. Le hasard des réservations nous avait distribué des places côte-à-côte. Devant nous, le spectacle des passagers qui se rendaient aux toilettes et qui systématiquement se coinçaient dans la porte automatique, on a beaucoup rigolé. La conversation n’est pas allée plus loin.

Les paysages inondés à perte de vue n’étaient pas seulement impressionnants, ils étaient magnifiques. L’eau arrivait à la hauteur du niveau des maisons construites sur pilotis.

Dans le guide du Routard, ils expliquent que les pilotis servent à se protéger des bêtes féroces. Je me suis souvent demandé où pouvaient bien se cacher ces bêtes féroces dans ces plaines sédentarisées depuis des siècles. Les maisons récentes en « concret » sont construites à même le sol : ces gens n’ont donc plus peur des bêtes féroces.

A cause des inondations de ces dernières semaines, les meubles et affaires ont été déplacées à l’étage. Quelle beauté de se retrouver roulant sur une digue entre deux lacs, desquels surgissaient quelques arbres et maisons. Les habitants ramaient sur des petites barques en bois. Cela me semblait bucolique depuis mon siège de train. Cela m’a rappelé un récit de voyage du XIXe siècle qui parlait de la plaine centrale du pays comme d’un gigantesque marécage sur lequel on ne se déplaçait qu’en bateau.

Quand le chef du train annonçait une gare, je répétais le nom de la ville, imitant les intonations. « pissanoulôk », « outtaradit », « dène-châï », « lam’paang », …

Après Uttaradit, il a commencé à faire nuit, le train s’est faufilé en grandes secousses entre les rochers, a escaladé des montagnes, a grincé au-dessus des précipices.

Les dernières heures de voyage ont été longues. Nous sommes arrivés avec beaucoup de retard à Chiang Mai. Fatigué, je me suis précipité dans un tuk-tuk pour rejoindre le quartier de Sompet et la guesthouse que je connaissais. Par chance, j’ai pu avoir la chambre que je le voulais.

A peine arrivé, douché, je suis ressorti. J’avais faim et suis allé manger une soupe au bord de la rue. Après quelques jours à Bangkok, je me suis senti apaisé dans Chiang Mai. J’étais simplement bien de me retrouver dans cette ville qui me rappelait… des jours heureux.

Chiang Mai, 01/02/2007   Mae Jo, 8/11/2008

Sur la place de la porte Tapae, on faisait s’élancer dans les airs des lanternes en papier de riz. Quelle beauté ! Loy Kratong qui allait commencer le lendemain au soir.

photo gauche : Chiang Mai, Sompet, 01/02/2007 – photo droite : Mae Jo, 08/11/2008

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