La Route de Birmanie (7) De Lashio à Hsipaw, 60 km en 5 heures

Hsipaw, le 11 mars 2006

J’ai fini mon dernier récit au moment où nous quittions la ville de Lashio (nord de l’Etat Shan) dans le petit camion à deux bancs latéraux.

Lashio, mars 2006

J’avais compté environ 60 kilomètres sur la carte. Nous avons mis près de 5 heures. La route était recouverte d’une couche de bitume sur une piste. Il y avait de gros trous et souvent nous sautions sur la banquette. Je devais faire attention de ne pas me taper la tête. Très rapidement, les hommes sont tous allés se tenir debout au cul du camion, les pieds sur une sorte de marche-pieds et les mains tenues au porte-bagage du toit. J’ai pris une dose de courage et je suis aussi allé m’y accrocher.

Surprise! une dizaine de personnes était assise sur le toit. Accroché derrière, j’ai aimé sentir le vent sur ma figure et pouvoir regarder le paysage tout autour de moi. A l’intérieur, la vue est limitée par les petites fenêtres. Debout, quand nous sautions dans les trous de la route, c’était comme une joyeuse danse.

Tout le monde parlait beaucoup, certains chantaient. Le jeune homme qui écrivait avant le départ à Lashio, était maintenant assis sur le toit et continuait à prendre des notes, sérieux. On me souriait beaucoup mais une seule personne a osé m’adresser la parole. Il m’a parlé en birman. Sa phrase se terminait par « Hsipaw ». J’ai répondu « yes » en hochant la tête. Il a traduit ma réponse pour tout le monde en faisant une longue phrase. Les passagers m’ont tous regardé avec admiration.

Lashio - Hsipaw, 11/03/2006

Nous avons traversé quelques rivières à gué, là où les ponts en bois semblaient trop dangereux. Nous avons crevé aussi. Tout le monde est sorti, le chauffeur et son aide ont mis un crique, ils ont changé la roue en un rien de temps. Tous en ont profité pour aller faire pipi. Les hommes, comme les femmes portent le longgy. Ils n’ont qu’à se mettre accroupi et faire leur besoin en toute intimité par dessous leur habit, directement sur le sol.

Un seul jeune portait un jeans. Il était aussi le mieux coiffé. J’ai observé que toutes les fois où nous nous sommes arrêtés, il en a profité pour aller se laver les pieds dans un ruisseau.

Lashio, mars 2006

L’homme qui m’avait déjà parlé m’a posé une seconde question. Cette fois-ci, je n’ai rien compris. Il répétait plusieurs fois le mot « poué« . Pour mieux que je comprenne, il a répété  « poué, poué, poué« , mais je ne comprenais toujours pas. Un vieux monsieur lui a demandé quelque chose en me pointant, il a répondu qu’il ne savait pas.

La nuit est tombée. Nous sommes enfin arrivés à Hsipaw. L’homme m’a mimé « dormir » avec ses mains. J’ai répondu « Charlie ». Il a traduit en une longue phrase que j’allais dormir au « Charlie Guesthouse », et le chauffeur a arrêté sa camionnette près du « Charlie ».

Le jeune homme en jeans est descendu en même temps que moi. L’homme qui me parlait m’a fait signe dans un rire gras que je pouvais aller dormir avec le jeune en mimant un geste explicite. Le jeune n’a pas réagit. Moi non plus.

J’ai salué tout les passagers qui m’ont répondu en une longue exclamation commune. J’ai marché quelques mètres dans le noir, suivant un chemin et me suis présenté au Charlie Guesthouse, jolie maison entourée d’un jardin fleuri.

Dans un anglais parfait, une femme m’a demandé si j’avais une réservation, je l’ai regardée comme si elle tombait de la lune avant de répondre que non. (c’était moi qui tombait de la lune)

La chambre coûte 8 dollars. J’ai demandé si je pouvais payer en Kyat, elle m’a répondu que non. C’est une petite chambre proprette, avec une salle de bains qui sent le moisi. Sur le lit, il y a un duvet fleuri. L’électricité fonctionne de 18 heures à 21 heures.

J’ai déposé mon sac, et me suis lavé le visage. L’eau qui s’écoulait de ma figure était brune de poussière. Il aurait été bien de me doucher et de me changer, mais je suis immédiatement sorti.

La petite ville est composée de maisons à un niveau, pour la plupart en bois. Le centre parcours une centaine de mètres le long de la route principale. La plupart des commerces sont éclairés à la bougie. Il y a deux ou trois restaurants, je suis entré dans celui où la cuisinière présentait de grosses casseroles sur une table. Je les ai ouvertes une à une, ai senti de bons parfums, ou ai été étonné par des fumets étranges. J’ai désigné un curry jaune au porc. La cuisinière m’en a servi une portion généreuse dans un bol. Elle a recouvert ma table de plusieurs plats de légumes fermentés et d’une grosse assiette de riz. J’ai bien mangé. Ca m’a coûté 700 Kyat (un demi euro).

Quand je suis rentré, l’électricité était déjà éteinte. J’ai reçu deux petites bougies à l’entrée. La femme qui parle un anglais parfait m’a dit que demain il y aurait « an important poué at the temple ». Je l’ai remerciée de l’information, sans en comprendre d’avantage.

J’ai voulu recharger la batterie de mon appareil photo, mais il n’y avait déjà plus d’électricité. J’aurais aussi aimé terminer d’écrire mon récit, mais la fatigue était la plus forte, et je me suis effondré sur le duvet fleuri.

Demain, c’est poué !

A suivre…

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